Colloque de Cerisy la Salle : NMR s'énerve
Compagnon de route intellectuel des douze géographes normands, qui sont dans la grande majorité mes anciens professeurs ou mes anciens condisciples, je suis avec interêt leurs travaux et réflexions, depuis l'origine. Toujours opposé au jacobinisme technocratique, et fervent militant de la cause girondine, je partage totalement leur idée de mettre à profit la refonte territoriale pour réinventer la Région, tant dans sa mission que dans son organisation. C'est une nécessité évidente pour remettre en phase la réalité normande et la nouvelle donne économique mondiale. C'est donc avec beaucoup de plaisir que j'ai accepté l'invitation de mes pairs pour venir débattre de la réunification normande au colloque de Cerisy la Salle. Cette abbaye normande aux confins du Calvados et de la Manche accueille très régulièrement des colloques de grande qualité et dont je lis régulièrement les actes.
Après une matinée de travail au Conseil Régional de Haute Normandie, ou j'ai la charge de prononcer la déclaration de politique régionale au nom du groupe d'Union de la Droite et du Centre, je préviens avec la courtoisie habituelle dans nos rangs, mes collègues et les services de la présidence, de mon absence de l'après midi. Et profitant de l'heure du déjeuner, je mets le cap sur Cerisy. J'y rejoins Joel Bruneau, maire (Les Républicains) de Caen, Pascal Sanchez, président (PS) de Rouen Métropole et Yannick Soubien, conseiller régional (EELV). L'équilibre territorial et politique est respecté et le débat s'engage avec beaucoup d'intelligence. Pascal Buléon mène les échanges qui, s'ils traduisent bien les divergences d'appréciation, laissent apparaitre souvent des points de convergences et des pistes de travail fructueuses pour notre "nouvelle" Normandie. Une après midi de travail très constructive, et des échanges très intéressants avec les participants. Seul léger point noir de ce colloque, le président du Conseil Régional, apparemment très vexé de mon absence et sans grande courtoisie, s'est empressé de souligner mon départ pour la Basse Normandie. Cela n'a pas surpris mes collègues de Basse Normandie qui ont placé l'arrogance parmi ses traits de caractère, a la suite de son intervention devant eux ! Soyons plus simple ! L'avenir de la Normandie ne se joue pas uniquement entre les murs du Conseil Régional, et le rôle d'un conseiller régional ne se limite pas à siéger en séance plénière. Et fort heureusement il n'y a pas de commissaire politique qui nous intime avec qui et en présence de qui nous devons débattre de l'avenir de notre région et de l'intérêt nos concitoyens !!
Hubert Dejean de La Bâtie