La dette fait recette

Publié le par Hubert Dejean De La Batie

CIMG3317.JPGLa conférence de Charles de Courson, député et vice président de la Commission des Finances, a fait le plein mardi soir et les participants étaient un peu à l’étroit dans le  salon Joinville de la SRH. Très précis et didactique, l’orateur a brossé les caractéristiques de la crise qui est pour lui structurelle et pas du tout conjoncturelle comme beaucoup l’ont cru. Trois facteurs l’expliquent : le rôle des banques et des actionnaires qui ont privilégié les rendements élevés et le court terme ; la consommation des ménages qui s’est massivement appuyée sur le crédit et la réaction des pouvoirs publics qui ont été lents à comprendre et timides à réagir. Aujourd’hui la grande majorité des Etats sont confrontés à une sévère crise budgétaire à commencer par les Etats Unis qui sont à l’origine des premiers dérapages avec la crise des » subprimes » et la faillite de la banque  Lehman Brothers.

Comment se situe la France ? La réponse est évidente : nous sommes au milieu du gué. Nous faisons moins bien que l’Allemagne qui a consenti depuis dix ans de sérieux efforts de rigueur, mais notre situation est meilleure que l’Espagne qui a pourtant réagi avec unité et  détermination et surtout que la Grèce qui, pour Charles de Courson, est la championne des promesses non tenues. Cette situation financière dégradée met en danger notre avenir. Sur le budget de la France qui est de 390 milliards d’euros, nous ne pouvons plus investir dans notre développement que 20 milliards, le reste est absorbé par nos coûts de fonctionnement et notre dette qui représente 90% de notre PIB.

Pour sortir notre pays de cette crise, quatre défis sont à relever et ils constituent d’ailleurs la base des propositions du Nouveau Centre : Restaurer notre compétitivité en stimulant fortement nos efforts d’innovation. Redresser les finances publiques en accentuant les efforts de gestion rigoureuse. Maintenir la cohésion et la justice sociale sinon la dérive des populismes sera inéluctable. Renforcer la gouvernance européenne autour d’un noyau dur capable d’harmoniser les pratiques budgétaires et de sanctionner les dérives.

L’auditoire captivé par cet exposé qui s’est terminé à 21 heures a posé de nombreuses questions, notamment pour s’étonner que le message centriste qui est apparu très pertinent soit peu entendu. Charles de Courson a ensuite été invité à donner son sentiment  sur la prochaine présidentielle : « Nicolas Sarkozy affronte une situation difficile et souffre de la classique usure du pouvoir, mais il est étonnamment combatif et déterminé. François Hollande est, politiquement, un radical qui aura beaucoup de mal à contrôler ses alliés et les promesses intenables qu’il a faites. Le Front National : il a capté le vote ouvrier qui a quitté la gauche et le PS, devenu le parti de la Fonction Publique. Et le Centre ?? Réponse avec Hervé Morin, le 25 Février à la Convention Nationale.

Hubert Dejean de La Batie

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